Je sais que le soleil te boude, Ami-lecteur Français… Aussi, permets moi de t’envoyer un rayon de soleil…tout du moins dans ton
assiette. En effet, petit gourmand, tu pourras grâce aux recettes dont je vais te faire part, t’initier aux saveurs de la gastronomie
espagnole ; composante ô combien importante de cette culture.
Mais avant toute chose, sache que la cuisine espagnole n’affiche son unité de façade que pour le touriste alléché. Moult spécialités locales, constitutives d’identités régionales (revendiquées)
tissent la toile de fond d’un patchwork culinaire qui n’a guère à envier à la gastronomie Française.
La plupart des spécialités régionales puisent leur origines d’une configuration géographique
particulière, bien avant la généralisation des moyens de communication, synonymes d’uniformisation des habitudes
alimentaires… De fait, la Galice a très tôt développée un savoir faire inégalable quant à la
préparation des fruits de mer (pulpos gallegos…) , alors que le poisson de mer, n’a commencé à remplir les étals des marchés de la vieille Castille qu’après l’invention du réfrigérateur… Alors Ami-lecteur en quête d’exotisme culinaire, si tu flânes sur les marchés, d’Extremadura, préfère la délicieuse cochonaille, à l’huitre de Badajoz, bien moins conventionnelle.
poulpes à la gallicienne
Toutefois, sous le soleil ibérique, tu ne trouveras guère de plats légers façon cassoulet, tripes et autres raclettes… car malgré la variété des ingrédients locaux, il en est un pour le moins
contraignant et avec lequel on ne transige pas : tu auras deviné que je faisais référence à l’astre susnommé… à l’origine de certaines contraintes. Oui, il fait chaud, très chaud et parfois
très tôt dans l’année (à l’heure où je te parle, il fait 36°C à l’ombre des oliviers de Jaen, Andalousie) : Autant dire que « si
bombance tu fais, te relever tu ne pourras »… alors, pour préserver le quelque dynamisme que la chaleur ne t’aura pas dérobé, je t’invite à découvrir un plat andalou léger et très frais qui
pourra constituer l’essentiel de ton repas : le salmorejo.
C’est une soupe froide, dérivée du gaspacho, dont la recette m’a été secrètement communiquée par Augustin el Sevillano.
Augustin de séville
1ère étape
Pour 4 personnes : choisis 10 à 12 belles
tomates (choisis
celles qui ont du goût, si tu
es riche, mais si tu es pauvre, celles qui ont un goût d’eau (tomates classiques) feront l’affaire si tu ajoutes 3 sucres…). Sur chaque tomate, tu
enlèves la queue et tu fais une « croix ». Plonge les maintenant dans l’eau bouillante 1 à 2 minutes. Grâce à cette mystérieuse
« croix », tu pourras enlever la peau sans difficulté aucune… Tu épépines. Mets cette chaire dans le mixer, mais ne mixe pas tout de suite, d’autres ingrédients doivent être
ajoutés. vois-tu la fameuse croix sur la tomate ?
Procure toi du pain sec ou des biscottes, que tu introduits dans le mixer… parcimonieusement bien sûr : c’est une soupe, pas du
yaourt.
Ajoute dans le mixer 2 ou 3 gousses
d’ail + du vinaigre de Xérès(1 cuillère à soupe)… mais si tu n’as pas ; du « leader price » conviendra. Ajoute de 3 à 5 cuillérées d’huile d’olive + du sel + du poivre et autres
assaisonnements à ta convenance. (tu peux y mettre un peu de menthe)
Choisis un bon poivron vert que
tu découpes et épépines bien évidemment. Tu fais bouillir. Tu retires la peau. Tu introduits dans le mixer.
TU MIXES LONGTEMPS
(4 fois une minute voire plus). Normalement ta soupe doit être orangée… Si elle est trop rouge et trop pâteuse, rajoute un peu d’eau et tu remixes. La
première étape est terminée. Verse le contenu dans un récipient et mets au réfrigérateur.
2ème étape
Nettoie le mixer.
Choisis 4 œufs. Tu les fais
bouillir environ 10 mn. afin qu’ils soient bien durs. Tu les introduits dans le mixer (tu peux aussi enlever la coquille, perso, Je préfère). Tu
mixes 5 secondes. Tu verses dans un plat à part.
Achète 8 tranches fines de jambon de
pays (ou 3 pavés)(Serrano si tu en as les moyens). Introduits dans le mixer et mixe 5 secondes. Verse la mixture dans un plat à
part.
3 ème étape
Verse la soupe dans les assiettes et ajoute un peu d’œuf mixé et de serrano +
un filet d’huile d’olive.
Voici l’œuvre de ton gourmet-narrateur :
Les petit verres qui agrémentent le plat ne t’auront pas échappés Ami-lecteur-attentif.
Qu’est-ce donc ? Ca n’est pas du jus de raisin… (Ami-lecteur-mineur quitte ce blog), mais du vin rouge arrangé. Couper du vin !
t’entends –je t’offusquer à la lecture de ce sacrilège. Sache en effet que l’Espagne n’est guère réputée pour la qualité de ses vins à l’exception notable des vignoble de la Rioja et quelques autres. Aussi, il n’y a guère de scrupules à modifier quelques peu les vins de table, d’autant
que cette pratique a donner lieu à la plus célèbre spécialité espagnole : la Sangria, si courue par les touristes sitôt passés la frontière.
Alors, Ami-lecteur, tu peux faire comme les Gavaxos : t’installer confortablement à un café de la Rambla et déguster de la Siesta à 8 Euros les 33cl. ou bien en préparer chez
toi…
A toi je communique la recette de cette boisson dont la base fort simple peut être agrémentée : Dans un récipient : 1/3 fruits, 1/3 vin de
table, 1/3 limonade + beaucoup de glaçons.(on peut bien sûr ajouter cannelle, citron, jus de fruits, curaçao, rhum…) Laisse macérer une journée au réfrigérateur. Il existe toutefois une multitude de variantes. Ainsi, le calimutxo (vin+coca), très prisé par les festaïres en pèlerinage coule abondamment au Pays Basque ou à Madrid, alors qu’en Extremadura et en
Andalousie, on adjoint au vin une légère mesure de fanta citron.
Mais…il ne serait pas raisonnable de consommer ce breuvage en négligeant les traditionnels tapas. Il en existe une multitudes et leur confection laisse une large place à l’imagination des
tenanciers. Là encore, les denrées locales prennent une large place. A base de mariscos en Galice, ces derniers en Catalogne (tapes), ont pour composante de base, le pain aillé et la tomate (pa amb tomaquet), ou la charcuterie au centre de l’Espagne. Les meilleures à mon
sens sont les tapas basques, colorées et goûtus (ce sont aussi les plus chers)…
De nos jours, toutes les échoppes proposent une grande variétés de tapas. Alors,
Ami-lecteur sédentaire, n’hésite pas à t’offrir un petit voyage gastronomique accoudé nonchalamment au bar de n’importe quelle bodega de la péninsule.
Voilà, à très bientôt Ami-lecteur pour notre ultime rendez-vous bloguistique… et bon appétit bien sûr !